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Les banques sont en train de s’effondrer... et personne ne s’ensoucie !


Le 7 juillet dernier, François Pérol a présenté aux membres du Comité de groupe un tableau idyllique du monde bancaire et de BPCE en particulier. Le représentant Sud l’a interpellé pour contester cette analyse en avançant un certain nombre d’arguments factuels. Au terme de cette intervention, François Pérol a repris la parole pour dire : « Ça me coûte de vous le dire, mais vous avez raison. »

Voici quelques données qui ont nourri l’analyse de Sud.
La crise de 2007-2008 issue des pratiques spéculatives des banques, notamment à travers les subprimes et la titrisation industrielle des crédits, a généré de considérables dégâts économiques et sociaux. Au prétexte du too big to fail (« trop grosses pour faire faillite »), les États ont secouru les banques privées avec l’argent des contribuables, ce qui a contribué à une explosion des dettes publiques. Ainsi, la faillite de Dexia a coûté à ce jour au moins 20 milliards d’euros à la France et à la Belgique, sans compter 80 milliards d’euros de garantie accordés à cet établissement par les deux États. En Irlande, du fait de la crise bancaire, la dette publique qui représentait 25 % du PIB en 2007 a bondi à 100 % de ce même PIB en 2010. De son côté, le Groupe BPCE a perdu 11 379 emplois entre 2008 et 2012, soit 8,9 % de l’ensemble des effectifs, et il continue aujourd’hui de supprimer des emplois.

Les conséquences des pratiques spéculatives et des malversations des banques auraient dû entraîner la mise en place de mesures radicales pour mettre au pas les banques et leurs dirigeants afin de prémunir la population contre les effets d’une nouvelle crise. Or il n’en a rien été. En dehors de l’Irlande et de l’Islande qui viennent
d’envoyer des banquiers en prison, les banques ont continué leur business as usual, comme avant, comme si de rien n’était.

Voilà pourquoi le système bancaire est aujourd’hui au bord de l’explosion. Trente grandes banques dites « systémiques » menacent aujourd’hui l’économie mondiale. En clair, la faillite de l’une d’elles est susceptible d’entraîner la chute de toutes les autres comme nous l’avons vérifié le 15 septembre 2008, lors de la faillite de Lehman Brothers. Plusieurs de ces banques sont en grande difficulté. La Deutsche Bank vient d’être condamnée par la justice américaine à 14 milliards de dollars d’amende pour sa participation à la crise financière de 2008. Elle est au bord de faire faillite, son action a perdu 56 % de sa valeur sur les douze derniers mois. La banque ne vaut plus que 14 milliards d’euros en bourse et son hors-bilan (les paris sur les produits dérivés) qui pèse quasiment l’équivalent du PIB mondial l’expose à des pertes considérables. La Deutsche Bank, n’est pas la seule banque systémique à
connaître de graves problèmes. Beaucoup de banques européennes, italiennes en particulier, ont un risque de crédit supérieur à leurs fonds propres. La banque italienne Unicredit a perdu 66 % de sa valeur ces douze derniers mois.

Sachant que la Commission européenne a mis fin au bail-out (« sauvetage des banques par les contribuables ») et l’a remplacé par le bail-in (appeler en cas de faillite de la banque les actionnaires, les détenteurs d’obligations, puis les clients), vu l’ampleur des pertes potentielles des banques, ce dispositif risque de se révéler insuffisant. Qui paiera l’ardoise dans ces conditions ? Les déposants par le biais d’une ponction sur leur épargne qui pourrait remettre en cause la garantie des dépôts de 100 000 euros, les salariés à travers de massives suppressions d’emplois ?

Au vu du désastre économique et social qui nous attend, la proposition de Sud-Solidaires BPCE de créer un service public bancaire par la socialisation de toutes les banques fait la preuve de sa pertinence et de sa nécessité.


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