MENU
      ÉditoActualitésÉvenementsCommuniquésManifestationsRéflexionsRetour sur...SyndicalismeTravail      lundi 22 avril

Contre la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche

  

Une nouvelle rentrée universitaire sous le signe de l’austérité
Depuis 2009, le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche, (ESR), a baissé de 850 millions en euros constants, (cf. Cour des Comptes), alors même que le nombre d’étudiant-e-s n’a cessé d’augmenter (+ 260 000 depuis 2009). La politique budgétaire d’austérité du gouvernement aggrave ainsi largement une situation déjà préoccupante. La précarité explose dans l’ESR et les réformes mises en place depuis quelques années déjà détruisent nos conditions de travail et mettent en danger le service public d’ESR.

Des politiques récurrentes contre l’enseignement supérieur et la recherche publique.

Notre situation découle en effet des politiques d’austérité et des réformes mises en œuvre depuis la fin des années 1990 : loi Pacte pour la recherche (2006), loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités, 2007) qui a rendu les établissements d’ESR financièrement autonomes et leur a transféré la gestion de la masse salariale, loi pour l’enseignement supérieur et la recherche (2013), qui a accentué la logique de la mise en concurrence en imposant le regroupement des universités, des grands établissements, des écoles au sein des COMUE (Communauté d’Universités et d’Etablissements). Ces réformes reposent toutes sur une transformation fondamentale dans la manière de financer l’enseignement supérieur et la recherche : le développement des financements par des appels à projets (ANR, Europe, régions, associations caritatives, Programme Investissement d’Avenir) au détriment des crédits récurrents, ce qui met en concurrence les établissements, les laboratoires et les services et favorise le développement de la précarité.

La précarité est-elle la seule perspective pour les plus jeunes ?

Pour faire baisser la masse salariale, on remplace des postes de fonctionnaires par des contractuels ou des vacataires (qui coûtent bien moins cher) : les précaires - désormais de l’ordre de 40% chez les personnels BIATSS, 30% chez les personnels enseignants dans les établissements d’ESR et 21,4% dans les organismes de recherche (40% à l’Inserm) - sont alors une simple variable d’ajustement.
La conséquence est la paupérisation de nombreux personnels et notamment les moins qualifiés mais aussi les jeunes chercheurs, ingénieurs et techniciens non titulaires, devenus quasi invisibles. Les regroupements et fusions d’établissements au sein des ComUE hors d’échelle rassemblant plusieurs milliers de personnels et des dizaines de milliers d’étudiants, vont encore accentuer cette précarisation généralisée des personnels, premières victimes des baisses salariales et des baisses de budget, le recul de la réussite étudiante et le développement des emplois précaires.

Une dégradation insupportable de nos conditions de travail et d’études.

En plus de remettre en cause les statuts de la fonction publique, qui donnent des garanties aux salarié-e-s face à l’emprise de l’employeur et qui garantissent l’accès à un service public de qualité à toutes et tous, la précarité a des conséquences importantes sur la santé des travailleurs-ses de l’ESR. Les maladies professionnelles, telles que stress, burn out, etc., se développent partout à cause d’un manque criant de personnels administratifs, techniques, chercheurs et enseignants. L’autonomie des établissements, l’austérité imposée et la possibilité de moduler les services des personnels qui anticipaient dans l’ESR l’inversion de la hiérarchie des normes introduite par la loi Travail que des millions de travailleurs ont combattue pendant plusieurs mois, a contribué à dégrader considérablement les conditions de travail de tous les personnels et des contractuels en particulier.
Si les personnels subissent le contrecoup de ces réformes et le manque de moyens, les étudiant-e- s sont également en première ligne. Salles surchargées, absence de suivi à cause d’un manque de personnel, mettent en péril l’avenir des étudiants et les missions de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’augmentation conséquente du nombre de bacheliers rend nécessaire une politique ambitieuse pour les accueillir et réussir leurs études dans les filières de leur choix.
Le Gouvernement a annoncé une augmentation de 850 millions d’€ du budget de l’ESR pour 2017. Cette augmentation qui fait suite à la mobilisation du milieu notamment en mai dernier lors de l’annonce de coupures sur le budget de l’ESR, est loin d’être au niveau des enjeux. Cela permettra tout juste d’accueillir les 45 000 étudiant·e·s en plus de la rentrée. Il faut enfin un vrai investissement de l’Etat dans l’ESR, suffisamment significatif pour qu’on puisse résoudre la précarité et assurer sur l’ensemble du territoire une formation de qualité pour toutes et tous, meilleur gage d’un enseignement supérieur et d’une recherche de haut niveau.

Pour exiger :

  • une réelle augmentation du financement public de l’Enseignement supérieur et de la recherche : +3,5 milliards d’euros/an pendant 10 ans pour atteindre l’objectif de 1% du PIB pour la recherche publique et 2% du PIB pour l’enseignement supérieur,
  • un plan d’investissement concret vers les premiers cycles pour assurer la réussite de tou·te·s les étudiant·e·s
  • la fin de la politique de précarisation et la mise en place d’un plan de titularisation de tou·te·s les contractuel·le·s et vacataires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche travaillant sur des fonctions pérennes.
  • un plan pluriannuel de création d’emplois de fonctionnaires enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs, personnels techniques, de bibliothèque et administratifs à hauteur de 6 000 créations d’emplois/an pendant 10 ans.

Retrouvons-nous toutes et tous ensembles, personnels précaires ou titulaires et étudiant-e-s, pour se rassembler devant l’Assemblée Nationale le 7 novembre à Paris (débat sur le budget).
Rendez-vous à 16h Place du Président-Édouard-Herriot ! Metro Assemblee Nationale ligne 12


Communiqué commun à plusieurs organisations représentant les enseignant-es chercheur-es



           

Rendez-vous

1er mai /
Journée internationale de manifestations, de revendications et de solidarité entre les travailleur-euse-s !
Le 1er mai est une journée d’action et de mobilisation internationale pour les droits des travailleur-se-s, le progrès social, la paix et la solidarité. Dans la continuité des nombreuses luttes menées, il s’agit de poursuivre et amplifier les batailles pour que les urgences sociales et climatiques soient enfin prises en compte par le gouvernement et le patronat.
3 mai / 17h30 / Bourse du Travail de Paris
Permanence « Conditions de travail et santé »
Avec le collectif « Pour ne plus perdre sa vie à la gagner »
9 mai /
Pour la fonction publique, amplifions la mobilisation !
Depuis de nombreux mois, en dépit de leurs revendications et propositions, elles constatent que le pouvoir exécutif poursuit une politique néfaste pour la population, pour les missions publiques et pour les agent-e-s.
11 mai / 9h30 / Bourse du Travail de Paris
Rencontre nationale contre la criminalisation des luttes
À l’initiative de : Comité Adama Traoré, ATTAC, Solidaires, Front de Mères, Collectif « Tous Migrants », Désarmons Les !, Confédération Paysanne, Réseau « Sortir du Nucléaire », des participant-e-s à la lutte de Bure, et d’autres...
18 mai / 9h30 / Bourse du Travail de Paris
Un forum syndical antiraciste
Le 18 mai se tiendra un forum syndical antiraciste à l’appel de militant-es de la CGT, FSU, Solidaires et d’autres organisations syndicales. Cette initiative fait suite aux appels de syndicalistes qui avaient soutenus les marches de la dignité et de Rosa Parks.

Facebook


Twitter


Actualités

Minimum syndical
Des personnes syndiqué·es à Solidaires ; Trans, PD, Gouines, Bi·es, gay, lesbienne... nous parlent des discriminations et violences auxquelles iels font face au travail et des obstacles dans le syndicat pour changer les mentalités. Ils et Elles parlent aussi de leurs stratégies, leurs ripostes et des victoires de la commission Genres & Sexualités de Solidaires.
Appel à manifester le 13 avril contre les répressions syndicales en cours et les violences policières
Le Comité national de l’Union syndicale Solidaires réuni le 3 et le 4 avril dénonce et condamne fermement toutes les répressions et violences policières à l’encontre du mouvement social. Nous syndicalistes, combattons depuis plusieurs années des politiques qui vont à l’encontre des droits des salarié-es du privé comme de la fonction publique, du pouvoir d’achat, des conditions de travail, de la protection sociale et qui laissent sur le bord du chemin nombre de personnes dans la précarité, au nom de la productivité et d’un capitalisme qui compromet l’avenir de la société elle même.
Le report de l’âge de départ en retraite : vraie menace et faux semblants
Les déclarations gouvernementales, patronales, syndicales se multiplient sur le sujet, sans même parler du Haut Commissaire à la réforme des retraites lui même, qui s’est fendu d’une menace de démission si cet âge devait être reporté.
Mobilisation unitaire dans le cadre d’un « Printemps des retraité-es »
Dès son arrivée à la présidence de la République M. Macron a attaqué les retraité-e-s : gel des pensions pour 2018 et 2019, augmentation de 25 % de la CSG, soit une perte de pouvoir d’achat de 5 % en deux ans !
Les utopiques - Soirée de présentation du n° 10
Le dernier numéro des Utopiques nous invite à emprunter les chemins de l’émancipation. Et de le faire du côté de l’autogestion, une voie pour dépasser le capitalisme, en idée comme en pratiques. En cela, elle ne peut que rencontrer le projet d’un syndicalisme de lutte et de transformation sociale. Ce fût le cas pour la « CFDT autogestionnaire » des années 1970, ça l’est toujours pour de nombreux syndicats SUD.